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LA SANTE DES SENIORS
ou
LA PLACE DES PERSONNES AGEES DANS LA SOCIETE

UN CHOIX DE SOCIETE

Les personnes âgées ont pu évoquer, en d’autres temps, la sagesse ou le temps libre. Elles sont malheureusement aujourd’hui trop souvent associées à l’idée de fragilité physique, psychologique ou sociale. Mais nous devons savoir rappeler que le vieillissement est un processus naturel qui a ceci de particulier qu’il est chargé de l’histoire de la personne.

Si le vieillissement est bien un phénomène incontournable, il doit être assumé par l’ensemble de la société, d’autant plus que toutes les études démographiques font apparaître l’importance croissante des personnes âgées et des personnes dépendantes dans la pyramide des âges de la société française.

C’est donc un bouleversement considérable de la société tel de la société et ses conséquences sur la vie sociale et personnelle sont déjà si importantes qu’il est nécessaire que les responsables politiques le considèrent comme un enjeu social majeur auquel il est impossible de se dérober. Une prise de conscience de l’ensemble de la société française est donc nécessaire. Voilà pourquoi, il est juste de parler de choix de société et de solidarité nationale envers nos ainés.

Cette politique d’accompagnement des personnes âgées semble donc répondre à cinq enjeux majeurs :

1.     un enjeu de société,

2.     un enjeu de solidarité,

3.     un enjeu d’humanisme,

4.     un enjeu économique,

5.     un enjeu financier

Si nous voulons une évolution dans nos mentalités, nous devons prendre l’habitude de parler de SENIORS et non plus de PERSONNES AGEES ; parce qu’elles sont associées à l’idée de maladie, de dépendance, de charges financières et ça n’est pas forcément le cas.

Je préfère donc que l’on parle de SENIORS d’autant plus que les caractéristiques de l’âge ne sont pas fixées une fois pour toutes. Avoir 60 ans aujourd’hui ça n’est pas du tout la même chose qu’au début du siècle.

D’ailleurs le vieillissement est un phénomène assez récent dans l’histoire de l’humanité. Il date de deux siècles et demi à peu près avec une nette accélération depuis les années 50 et cette tendance va être de plus en plus rapide d’après les diapositives que nous pouvons regarder maintenant ensemble.

Notre société est donc véritablement placée devant un des grands défis du XXI° siècle, en France comme dans le reste de l’Europe mais en ce qui nous concerne, il est nécessaire que nous changions notre regard sur les seniors car nous devons nous demander :

-Quellee est la place des seniors dans notre société ?

-Quelle place voulons-nous leur donner ?

-Quelle qualité de vie pouvons-nous leur offrir ?

Bien vieillir, est-ce que c’est l’affaire des personnes et de leur famille, et chacun pour soi, tout va bien ou est-ce l’affaire de l’ensemble de la société, UN CHOIX DE SOCIETE en somme, une CAUSE MAJEURE DE SOLIDARITE NATIONALE ? La réponse est politique, et bien sûr culturelle.

le « bien vieillir en France » dans l’idéal, c’est comment ?

Et bien, c’est une société solidaire qui respecte les siens, les protège, les soutient jusqu’au bout, leur apporte soins, confort, affection et qualité de vie.

Exemples :

A 60 ans ou 65,

On prend sa retraite = on construit son dossier FACILEMENT – avec un niveau de revenu maintenu – sans perte de pouvoir d’achat ; parce que la société comprend l’importance du pouvoir économique de cette part de plus en plus importante de la société = les loisirs, la vie associative, la consommation des biens courants – Tout cela crée des emplois et une vie économique de plus en plus florissante.

Avant 80 – 85 ans

La prévention est de plus en plus renforcée – Les pensions de reversion sont maintenues – le pouvoir d’achat n’a pas changé.

Les maisons de retraite se développent et les soins à domicile offrent un personnel de qualité, QUALIFIE, diplômé d’Etat avec un salaire valorisant offrant un vrai plan de carrière ; elles sont accessibles à toutes les bourses.

Fini le parcours du combattant pour les SENIORS et leur famille pour leur prise en charge, les formalités sont SIMPLES, l’interlocuteur est UNIQUE, la simplification est la règle

A cet âge, rester chez soi est un CHOIX, une volonté. Les dépistages des lourdes maladies sont assurées régulièrement, la gériatrie est reconnue dans les médecines généralistes ainsi que dans les hôpitaux. L’Etat développe les gardes nuit et les services d’urgence spécialisés pour éviter les hospitalisations – Fini l’hébergement de longue durée dans les hôpitaux = des structures d’accueil de jour les attendent –

Peut-on parler de rêve, d’utopie ?

Pour répondre, il faut se comparer avec nos voisins et nous voyons que nous sommes très en retard par rapport notamment à l’assistance à la personne –

Exemples :

-         30% des salariés américains en profitent

-         50% de canadiens

-         et seulement 3% de français

et par rapport aux européens, la France dispose de :

DEUX FOIS moins de personnel à la personne que les Allemands et les Autrichiens, DEUX FOIS ET DEMI de moins que les Suisses ou les Neerlandais –

C’est-à-dire : 4 personnes pour 10 malades au lieu de 8

Alors, il est vrai que tous ces projets ne se décrètent pas, d’autant plus que nous sommes dans un contexte général peu favorable = endettement catastrophique et des perspectives économiques incertaines + en même temps, le développement des technologies médicales coûteuses.

Ca n’est pas pour ça qu’il faut baisser les bras !

Je ne ferai pas de commentaire à la fois sur le plan Borloo et les récentes mesures de D. de Villepin. De toute façon, tout ce qui bouge va dans le bon sens vis à vis des SENIORS – pour la pérennité sur les décennies à venir, c’est une autre histoire et je crois que des conditions essentielles ne seront jamais réunies car ces mesures sont ruineuses à long terme. Elles reposent sur une multiplication infernale du nombre d’échelons territoriaux, d’une pléthore de fonctionnaires et d’une volonté de décentraliser les finances sur le plan local mais également les initiatives de pouvoir.

Pour une bonne maitrise des dépenses de santé liées aux SENIORS, à écouter et à lire ce que les spécialistes de la question écrivent, il apparaît au contraire que l’ETAT doit reprendre la main sur cette question.

Au XXI° siècle, nous ne corrigerons pas les problèmes avec les recettes, les méthodes et les comportements du XX°. Il faut donc opérer des changements profonds de gestion et de financement des retraites, des soins et des services liés à la personne.

Concernant les dépenses de santé liées aux seniors, s’il est vrai que nous consacrons 20 000€ par minute en soins, les seniors ne doivent pas se sentir culpabilisés pour autant. Le déficit de la sécurité sociale, les gaspillages, les fraudes, les abus de toutes sortes, la politique du médicament = tout ceci ne les concerne pas.

Un chiffre est à retenir = 5% des Français mobilisent 60% de la dépense ; ce qui peut nous laisser penser que la politique future sur la prévention représente un enjeu considérable, source de réduction des dépenses lourdes –

La SS accumule une dette telle que nous payons aujourd’hui les soins courants sur le revenu de nos enfants et de nos petits enfants. Il y a donc une limite politique, économique et de morale publique à trouver.

Je propose 3 pistes, si vous me le permettez :

Je souhaiterai d’abord émettre un vœu : Les seniors ont besoin d’un programme politique qui ne se contente pas de reprendre tout ce qui a été dit depuis 40 ans, MAIS QUI FASSE.

PREMIERE SUGGESTION :

80% des taxes dites sur le tabac et l’alcool financent les 35h. Je suggère qu’on supprime les 35h en consacrant une partie de ces taxes (dédiées également au budget des exploitants et salariés agricoles), donc une partie de ces taxes aux SENIORS qui, pour certains d’entre eux, ont fait aussi les 35h mais sur deux jours quelquefois !

LA DEUXIEME :

Nettement plus politique

Il s’agit de la simplification des échelons territoriaux = l’idéal étant une structure nationale (ce qui relève aussi d’une politique plus GLOBALE de la maitrise des effectifs de la fonction publique et en même temps de la simplification des procédures pour les USAGERS).

En décentralisant les pouvoirs, les ressources et les initiatives aux conseils régionaux, départementaux, aux municipalités, aux associations, aux comités ad-hoc, etc …il est clair que l’égalité de traitement des personnes, d’un département à l’autre, d’une région à l’autre ne sera pas la même. Selon aussi la couleur politique d’un exécutif, qu’il soit de gauche ou de droite ou d’ailleurs. Selon la richesse de la collectivité aussi, etc …

Et puis, je déteste imaginer que certaines collectivités en fassent en enjeu de pouvoir sur leurs administrés.

QUAND ON PARLE DE SOLIDARITE NATIONALE, C’EST DONC L’ETAT L’ECHELON PERTINENT EN LA MATIERE, PARCE QU’IL EST LE SEUL A POUVOIR APPORTER UNE VISION GLOBALE D’EGALITE DE TRAITEMENT DES SENIORS SUR TOUT LE TERRITOIRE.

Et pour finir :

LA TROISIEME PROPOSITION qui consiste, par conséquent, à la création d’un Ministère, en remplacement du Secrétariat d’Etat actuel transmettant l’application de sa politique à un échelon unique territorial.

Pardonnez-moi d’avoir été un peu longue mais notre société moderne ne montre guère aux vieillards un excès de tendresse.

Pour bien vieillir en France,
Demain ne doit pas être comme hier.

Michèle Morel
1er juin 2006

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